La frontière entre la fainéantise et la phobie.
![]()
Le plus difficile pour mon entourage (qui se résume à mon Homme et mon Chien) c’est de déterminer la limite entre la fainéantise et la phobie.
Aujourd’hui par exemple, nous devions nous faire un petit resto le midi. On s’est couché super tard hier soir et il a fallut qu’Amour (mon Homme, pour être plus explicite) vienne me réveiller comme si j’étais la Belle au Bois Dormant (à l’exception que je ne suis ni Belle ni belle et que je ne passe pas mon temps à dormir). Il devait être 11h30 environ et je n’avais vraiment pas envi de me lever en quatrième vitesse pour me préparer …
Règle d’or du phobique sociale : ne jamais fuir face à la difficulté !!
On répète après moi : « Ne jamais fuir face à la difficulté !! », encore une fois : « Ne jamais fuir face à la difficulté !! ».
Bon, c’est bien joli de connaître ça, mais que fait on dans une situation comme la mienne ? On trouve une alternative bien sur !!
C’est donc le visage enfariné que j’ai répondu « Hmm … On y va plutôt demain, ok ? ». Mon Homme n’a pas insisté et m’a juste dit que ça le dérange pas, n’est il pas merveilleux ?
C’est donc sourire aux lèvres que je me suis levée après cette longue nuit d’ivresse. J’ai fait un énorme câlin à Amour, une petite caresse à Toutou et direction la salle de bain pour tomber face à une tête de déterrée.
Heureusement que le resto est pour demain, je n’aurai jamais pu sortir avec une mine pareille. Et pas besoin d’être phobique sociale pour refuser d’être vue dans cet état …
J’ai à peine le temps de revenir auprès de mon Homme qu’il me rappelle que nous avons au programme de la journée … Les courses de la semaine !
Il est bon de noter qu’à cet instant même, la personne que j’aime plus que tout au monde et qui partage ma vie est soudain sujet d'agacement. Bah oui, quand on me propose ou impose de sortir, je le fais rarement avec tendresse …
Heureusement, j’ai plus d’un tour dans mon sac et c’est toujours pleine de confiance que je lui réponds avec une lueur de perspicacité dans la rétine : « En même temps, il fait un temps de merde aujourd’hui, tu trouves pas ?! Pas de soleil, que des nuages et en plus il fait froid … On pourrait pas faire ça demain ? Tu sais, après le resto !... »
Je lui montre une expression amoureuse tout en serrant les fesses pour que cette excuse passe, c’est quitte ou double !
Réponse de ma moitié : « Si tu préfères, ça me va. J’ai pas trop envie de sortir non plus aujourd’hui … ».
C’est mon Homme, c’est Amour et il est merveilleux ! Lui au moins, il me comprend. Mais faut pas s'étonner si l'on colle l'étiquette de "flémard" sur le dos du phobique !
Bref, maintenant que je suis tranquille pour la journée, je commence à penser à mes émotions. Je n’ai pas envie de sortir aujourd’hui, normal : j’ai jamais envie de sortir.
Est-ce que j’ai peur de sortir aujourd’hui ? Et bien … Ce n’est pas de la peur, juste de la flemmingite aigue …
C’est à ce moment là que ma petite voix intérieur qui me parle toujours au moment ou je n’ai pas envie de l’entendre s’exprime : « Tu préfères réellement attendre de faire les courses demain ? »
Moi, toute fière, je réponds : « Bah oui ! »
Elle me répond donc à nouveau « Demain, tu auras peut être peur d’y aller. Tu préfères réellement être obligée de faire les courses avec la boule au ventre plutôt qu’avec une grosse flemme ? ».
Elle est pas bête la petite voix, des fois …
« Euh, Amour ! Dis moi pour les courses euh … T’es sur que t’as pas envie de sortir aujourd’hui ? Parce que euh …Tu sais, euh … »